Vietnam - une longue histoire

Avec plus de 4000 ans, le Vietnam a une histoire variée et intéressante. L' évolution du pays du Nord au Sud avec l' arrivée des Chinois, Japonais, Français, Américains ont créé des étapes nettement distigués d' une histoire compliquée et diverse.....

 

Depuis fort longtemps, l’homme vietnamien se transmet de génération en génération la légende de son origine “enfants du Dragon et de la Fée ». Lac Long Quan, d’une force surhumaine, était le fils du Dragon, et par ses victoires sur les monstres aquatiques, il épousa la Fée Au Co. Ils mirent au monde 100 oeufs qui, après éclosion, donnèrent naissance à 100 enfants dont 50 suivirent leur père vers la mer, et 50 restèrent dans les régions montagneuses avec leur mère. L’aîné se proclama roi sous le titre de Hung Vuong et institua le nom du pays : Van Lang – le Vietnam actuel.

Les vestiges archéologiques permettent d’affirmer que les hommes ont vécu au Vietnam dès l’âge paléolithique. Dès l’âge néolithique on trouve les traces de la pratique de l’élevage et de la riziculture. Le premier Etat se forma à l’âge du bronze avec la civilisation florissante de Dong Son. Au 2eme siècle avant J.C, le pays Au Lac tomba au mains des Han et subi la domination chinoise pendant plus de dix siècles.

De toutes ces principautés, la plus dynamique et la mieux organisée semblait être le Lac Viet, ou Van Lang, littéralement le Pays des lettrés, dont l’étendue correspondait à l' actuel Nord Vietnam et à la partie septentrionale du Centre Vietnam.

En 257 avant JC, le roi An Duong, descendant des Thuc régnant sur le royaume de Tây Au, l' actuel Yunnan, furieux de s' être vu refuser la main d' une princesse vietnamienne, leva -une armée et entreprit l' annexion du Lac Viet. Il en fit le royaume de Au Lac, (raccourci de Tay Au et Lac Viêt). Le roi An Duong régna jusqu' en 208 avant JC grâce à la protection d' une citadelle en forme de spirale, appelée Loa Thanh, construite avec le concours divin de la Tortue d' Or, qui dota l' armée vietnamienne d' une arbalète à tir automatique, et dont la gâchette est constituée par une griffe offerte par la Tortue elle-même.

En 258, le Général Trieu Da (Tchao-To), qui régnait sur le Nam Viet, une des cent principautés Viet de la zone côtière, et située au Nord-Est de l' actuel Tonkin, soumit le royaume d' Au Lac, grâce à un subterfuge matrimonial.
Un semblant de mariage entre son fils Trong Thuy et la Princesse My Chau, fille du roi An Duong, permit d' abord la subtilisation de la fameuse gâchette, et ensuite la conquête de la citadelle aux neuf enceintes, réputée jusqu' alors inexpugnable. La dynastie des Trieu régna jusqu' en 111 avant JC, date d' établissement de la première domination chinoise.

La domination chinoise, qui dura à peu près 1.000 ans, de 111 avant JC à 938 après JC, peut être divisée en quatre périodes distinctes :

Première domination chinoise (111 av. JC - 43 ap. JC).
Le Général chinois Lou Po-to (Lô-bac-Duc) détruit le royaume de Nam-yue (Nam Viet) en 1ll av. JC. Le protectorat chinois est établi sur le Tonkin (Giao Chi). En 39-43 ap. JC révolte des soeurs Trung Trac, Trung Nhi, héroïnes nationales du Viêt-Nam.

Deuxième domination chinoise (44-543 ap. JC).

Période des grands gouverneurs chinois civilisateurs : Si Nhiep, Tich Quang, Sinisation du Vietnam (appelé alors: Giao Chi, puis Giao Chau). Formation du Lin Yi, noyau du futur Champa. Campagnes des Chinois contre le Champa.

Dynastie des Ly antérieurs (544-602)
Période confuse. Les Chinois se maintiennent, malgré plusieurs dynasties vietnamiennes éphémères et parfois rivales : Ly antérieurs. Trieu postérieurs. Ly postérieurs. Légende de la résistance de Ly Nam De au Lac de la Nuit. Le royaume reçoit le nom de Van Xuân, puis de Viet

Troisième domination chinoise - (603- 938)
Sinisation de plus en plus forte du pays qui reçoit les noms de « An Nam do ho phu » (Protectorat Général d' Annam) ; « Tran Nam do ho phu » (Protectorat général du Tran Nam). Les T' ang (618-907, et 923-936) marquent le Tonkin de leur empreinte par le Gouvernement de Kao P' ing (Cao Bien), la fondation de Dai La et une forte organisation administrative. Cependant de nombreux soulèvements ont lieu
Ce fut alors la longue nuit de l' histoire du Vietnam, une nuit de dix siècles, au cours desquels la civilisation chinoise allait solidement s' implanter dans le pays. Il y eut, certes, de nombreux soulèvements, comme ceux des Soeurs Trung en 39-43 après JC, de Trieu Au en 248, de Ly Bon en. 544, de Phung Hung en 791, mais les uns furent vite réprimés, tandis que les autres ne connurent qu' un succès éphémère.

L' indépendance nationale

Cette période d' une durée de mille ans environ peu être divisée en quatre grandes époques.

Les grandes dynasties nationales (939- l789) ;
La guerre de sécession et l' unification territoriale (1627-1862) ;
La colonisation française (1862-1945) ;
Le recouvrement de l' indépendance nationale (depuis 1945).

Les grandes dynasties nationales

Il fallut attendre jusqu' au Xe siècle pour que prit fin la longue domination chinoise. Par la célèbre victoire de Bach Dang, en l' année de grâce 939, Ngo Quyen chassa les Chinois du pays et fonda la première dynastie nationale. Pendant dix siècles, huit dynasties allaient se succéder sur le trône du Viêt-Nam, avec la même volonté d' organiser et d’agrandir le royaume.

Dynastie des Ngo (939-967).  
  
La capitale du pays est à Co Loa. En 944, à la mort de Ngo Quyen fondateur de la dynastie, royaume tombe dans l’anarchie et est partagé entre douze seigneurs. C' est la période des douze « Su quan ».

Dynastie des Dinh (968 - 980).

De cette anarchie sortira le premier roi vietnamien vraiment indépendant : Dinh Tien  Hoang (963-979) qui fonde la dynastie des Dinh. Le royaume prend le nom de Dai Co Viet

Dynastie des Le antérieurs (980 - 1009).
Marquée par les luttes contre la Chine et le Champa et la soumission des éléments de trouble à l’intérieur.

Dynastie des Ly antérieurs (1010 - 1214).   
 
La capitale est fixée à Thang Long (Hanoi) en 1010. Poursuite des luttes contre la Chine et le Champa, effort d’unification du pays (des ministres), organisation militaire, administrative, économique du pays. Grande prospérité du Bouddhisme. Le royaume s’appelle Dai Viet (de 1054 à l164) puis Annam jusqu' en 1802.

Dynastie des Tran (1225 - 1400).    

Poursuite de l' oeuvre d' unification et d' organisation. Luttes victorieuses contre les Mongols au cours desquelles se distingue le Maréchal- Prince Tran Hung Dao, devenu héros national. Le pays prend le nom d' An Nam (l164) qu' il gardera jusqu' en 18.02. Lutte contre les pays hindouisés : Ai Lao et surtout Champa.

Dynastie des Ho (1400 - 1407).    

Ho Quy Ly usurpe le trône. Le pays est la proie de troubles intérieurs graves ; les Chinois s' immiscent dans les affaires intérieures.

Domination chinoise des Ming (1407 -  l427).
   
Les Ming finissent par contrôler l' AnNam de 1407 à 1427.

Dynastie des Le (1428 - 1789).
Le Loi partant de Lam Son (Thanh Hoa) chasse les Chinois dominateurs après une lutte acharnée de dix ans. Il fonde en 1428 la dynastie des Le marquée par les faits suivants :
- organisation militaire, administrative et judiciaire (code des Le) très poussée ;
- développement de la littérature et des études historiques et géographiques. Les ouvrages sont écrits en caractères chinois ou en écriture démotique (nôm). Les écrivains les plus renommés du Vietnam ont vécu sous cette dynastie ;
- triomphe du confucianisme et de la doctrine des lettrés ;
- introduction du christianisme par les missionnaires européens. Contacts des vietnamiens avec les commerçants et aventuriers étrangers ;
- création du système de transcription quôc-ngu par le Père Alexandre de Rhodes ;
- victoire définitive sur le Champa. Occupation du Sud Vietnam au moyen de mariages dynastiques. Mariage de princesses vietnamiennes avec les rois du Champa et du Tchen-La ; luttes entre les seigneurs du Nord (Trinh) et les seigneurs du Sud (Nguyen).

Dynastie des Nguyen (1802 - 1945)    
Gia Long, après avoir défait les seigneurs du Nord et la dynastie des Tay Son (1788-1802), fonde la dynastie des Nguyen. Le royaume s' appelle Vietnam de 1804 à 1820, DaiNam à partir de 1820 (2).
La guerre de Sécession et l’unification territoriale.
Le Vietnam aurait pu connaître quelques siècles de répit, sans cette rivalité plusieurs fois séculaire entre les Seigneurs Trinh au Nord et les Seigneurs Nguyen au Sud, qui narguaient l’autorité des rois Le et constituèrent deux fiefs indépendants, au détriment de l' unité nationale. Ces rivalités mirent le pays à feu et à sang dès 1627 et durèrent jusqu' en 1775, daté à partir de laquelle ces deux familles connurent la décadence.
Heureusement, l' esprit qui animait les premiers Viet était resté le même. Dans les moments les plus critiques de l' Histoire, des patriotes clairvoyants apparurent toujours au bon moment pour opérer la réunification du Pays.
C' est ainsi que de la masse paysanne surgirent les Frères Tay Son, qui profitèrent des divisions intérieures pour lever l' étendard de la Libération. Ils chassèrent en même temps les Nguyen et les et mirent en fuite le dentier souverain des Le. L' un d' entre eux, Nguyen Hue, se proclama Empereur, sous le nom de Quang Trung, et avec lui le pays retrouva son unité première. Malheureusement, il mourut en 1792, sans pouvoir assurer la pérennité de la dynastie.
Entre temps, dans le Sud, Nguyen Anh, le successeur des Seigneurs Nguyen, reprenait l' attaque contre les Tay Son, de plus en plus affaiblis, et parvenait en 1801 à unifier à nouveau le pays, après 27 années de lutte. Il se proclama alors empereur en 1802 et pris comme nom de règne celui de Gia Long, raccourci de Gia Dinh (Basse Cochinchine) et Thang Long (capitale du Nord Vietnam) ; il adopta comme appellation nationale celle de Vietnam, pour bien signifier qu' elle englobait à la fois les territoires de l' ancien AnNam (le Tonkin proprement dit) et le Viet Thuong correspondant à l’ancien Champa, auquel devait s' ajouter la Basse Cochinchine.
A partir de Gia Long, le Viêt-Nam allait connaître une courte période de paix qui devait être interrompue vers la seconde moitié du XIX° siècle par l’irruption d’escadres françaises dans ses eaux territoriales.

La colonisation française.
L' immixtion des amiraux français dans le domaine politique suivie d' interventions militaires à l' intérieur des frontières de la nation, allait aboutir à la signature des traités de 1862 et 1874 plaçant le Vietnam sous la tutelle de la France.
Le royaume de feu l' empereur Gia Long fut intégré dans une entité géographique appelée « Indochine Française » englobant deux autres pays : le Cambodge et le Laos.
Pour des raisons de commodité administrative, le Vietnam était aussitôt scindé en trois parties : le Tonkin au Nord, l' Annam au Centre et la Cochinchine au Sud. Tandis que la Cochinchine était directement gouvernée par les autorités françaises en tant que colonie, le Tonkin et l' Annam, devenus protectorats français, conservaient une certaine autonomie incarnée par un empereur, descendant des Nguyen, qui détenait un pouvoir plutôt symbolique.
Cette abdication de la souveraineté notionnelle devait entraîner les patriotes vietnamiens dans une lutte sans répit contre la France, lutte concrétisée par de nombreux et fréquents soulèvements armés à travers tout le royaume.
Il fallut cependant attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour voir le Vietnam accéder à l' indépendance à la faveur de la conjoncture internationale.

Le recouvrement de l’indépendance.
A la suite de la neutralisation de l' autorité française, le 9 mars 1945, par les forces japonaises stationnées au Vietnam, un premier gouvernement national présidé par feu le professeur Tran Trong Kim s' installait à Hue, en avril de la même année. Par la suite, plusieurs gouvernements se succédèrent à une cadence assez rapide, chacun d' eux ayant dû faire face à de nombreuses difficultés sur le plan interne aussi bien que sur le plan extérieur.
-Cette accession de fait à l’indépendance n' en restait pas moins sans valeur sur le plan international. Ce n’est que dix ans plus tard, c' est- à-dire le 4 Juin 1954, que le Gouvernement de la République Française avalisait juridiquement l’indépendance du Vietnam, lequel, par voie de conséquence, recouvrait légalement à cette date ses frontières historiques, telles qu' elles figuraient dans les relevés topographiques officiels de 1862.
La grande joie du peuple vietnamien fut de courte durée. En effet, le destin du pays n' en était pas pour autant scellé : un mois plus tard, le 21 Juillet 1954 exactement la Conférence de Genève, entérinant les accords de cessez-le-feu intervenus entre la France et le « Viet minh », décrétait la scission du territoire national en deux portions à peu près égales, selon une ligne de démarcation constituée par le 17e parallèle, approximativement à la hauteur de la Rivière Ben Hai, dans la province de Quang Tri (Centre Vietnam).
Les provinces se trouvant au Nord de cette rivière relèveraient désormais de la « République Démocratique du Vietnam», tandis que les territoires situés au Sud allaient passer d' abord sous la juridiction de l' Etat du Viêt-Nam, ensuite sous celle de la République du Vietnam fondée le 26 Octobre 1955, après un référendum populaire.
Enfin, le 1er Novembre 1963 une grande révolution menée conjointement par l’armée et le Peuple, réussit à renverser le régime dictatorial de Ngo Dinh Diem et à instaurer la Seconde République. Depuis lors, plusieurs gouvernements civils et militaires se sont succédés à Saigon avec des fortunes diverses
1963 : Intervention militaire des Etats Unis
1973 : Fin des bombardements aériens américains sur le Nord du Vietnam.
1975 : Fin de la guerre civile. Retraits des troupes américaines.
1976 : Proclamation de la « République Socialiste du Vietnam »